Les deux adolescents hésitèrent. Fallait-il ouvrir ce coffre, le remettre à sa place, ou aller prévenir la police de leur trouvaille. Il ne leur fallut
pas longtemps pour s'entendre finalement. Leur curiosité ayant pris le dessus sur la prudence, ils choisirent de l'ouvrir.
Benoît s'accroupît et joua avec le crochet rouillé. Malgré ses efforts et ceux de Paul qui essaya à son tour, la malle refusait catégoriquement de céder.
leurs outils étant restés près de la cabane, il leur fallait remonter jusque là-bas. Le coffre n'était pas très lourd mais la terre humide se dérobait sous leurs pieds et ralentissait leur
progression. Toutefois, l'envie de découvrir le contenu, les porta et ils se retrouvèrent vite dans ce qu'il restait de leur cabane.
Le coffre trônait y maintenant au centre.
Benoît et Paul avait marqué un temps d'arrêt.
"- C'est sûr, on l'ouvre? déclara Benoît
-sûr."
Benoît sortit de son sac à dos, un tournevis et un marteau et, s'apprêtant à faire sauter la serrure, lança:
"- Advienne que pourra!
-Attends, l'interrompit Paul, en dissimulant rapidement avec quelques branchages et son blouson leur trésor.
Juste à temps. Avant que Thomas et Mathieu ne sortent de derrière un arbre.
"- Oh la la, votre cabane! s'étonna Thomas
- Y a plus qu'à la refaire, conclua Mathieu.
- On va vous aider, se proposa Thomas.
- Non, c'est bon, on n'a pas besoin de vous!, s'énerva Benoît.
-Merci les gars, mais on préfère le faire seuls, intervint Paul, plus calmement, pour se débarasser des deux autres.
Thomas était le frère de Benoît; et, lui et Mathieu passaient beaucoup de temps avec leurs ainés. Ils n'avaient donc pas été longs à les retrouver. Ne les ayant pas vus sur le terrain de basket,
ils savaient les retrouver dans le petit bois et avaient risqué de les rejoindre sachant pertinemment que lorsqu'ils se réfugiaient ici c'était pour être seuls et tranquilles. C'est justement ce
qui les attirait. En effet, ce besoin d'être seuls cachait certainement quelque chose et, les surprendre à chaque fois était devenu leur jeu favori.
Assis sur la malle, Paul tentait d'adopter une attitude naturelle mais trépignait intérieurement, espérant vivement le départ des deux plus jeunes, qui semblaient
pourtant , bien décidés à s'installer!
Afin de détourner l'attention, Benoît reprit ses recherches de planches et autres matériaux utiles à la reconstruction, dirigeant les opérations et donnant des
ordres à Thomas et Mathieu pour l'aider dans sa tâche.
Presqu'une heure passa ainsi. Paul, assis sur son trésor, prétextant un mal de cheville pour ne pas bouger et Benoît en chef de chantier.
Ce jeu-là fatigua vite Thomas et Mathieu qui finirent par capituler.
"- Vous n'avez pas envie d'aller jouer un peu au basket? lança Mathieu
- Ouais, on continuera demain, s'enthousiasma Thomas.
-Non, moi je ne peux pas, refusa Paul, j'ai trop mal à la cheville.
- Bon, ben moi, j'reste avec lui, conclut Benoît, je vais l'aider à rentrer. Mais allez-y vous si vous voulez."
Les deux plus jeunes ne se firent pas prier et détalèrent rapidement direction le city-stade un peu plus loin derrière.
Paul et Benoît attendirent encore quelques instants, s'assurant qu'ils étaient bien seuls et se précipitèrent, marteau et tournevis en main, sur le gros
crochet.
Ils durent s'y reprendre plusieurs fois, insister de toutes leurs forces avant de faire céder enfin ce fichu crochet.
Le coeur battant jusque dans leurs oreilles, les deux garçons se regardèrent à la fois satisfaits et inquiets. La découverte était si proche; ménager encore un peu
plus de suspense.
Fallait-il vraiment ouvrir? Ils pouvaient encore changer d'avis.
"- Bon, allez, à 3, on ouvre ensemble, se décida enfin Benoît.
-1...2...3"
La malle ne s'ouvrit pas sur un tas de pièces d'or ou de pierres précieuses. Les pirates qui étaient passés par là, il y a plusieurs siècles, ne leur avaient pas
laissés de souvenir.
Un peu déçus mais curieux malgré tout, ils firent l'inventaire du contenu:
- Une poupée de porcelaine, toute sale, dont la robe et les cheveux avaient été mangés par le temps.
- Quelques pièces d'anciens francs, sans doute.
- Un cahier d'écolier.
-Une photo; un homme, une femme et une petite fille.
- Un collier avec un pendentif qui en s'ouvrant laissa tomber une mèche de cheveux.
- Une sorte de toile roulée.
-et une lettre adressée à la personne qui la trouvera.
Ils rangèrent au fur et à mesure tous ces objets dans la malle, remirent délicatement les cheveux dans leur écrin et restèrent muets quelques instants encore, émus
par ces souvenirs appartenant à un inconnu.
"- Et maintenant, on fait quoi?" murmura Benoît.
Votez pour choisir la suite de l'histoire parmi ces trois possibilités (dans ajouter un commentaire):
1) ils referment le coffre et l'enterrent à nouveau
2) Ils emmènent le coffre aux objets perdus à la Mairie
3) Ils lisent la lettre.
Merci de voter jusqu'au 20 Janvier.
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